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L’organisation de ce concours fait suite à une série de rencontres étudiantes organisées à l’ Ecole Nationale d’Architecture de Nancy au second semestre 2016. L’ensemble de ces actions a pour but de soutenir et de développer une culture contemporaine de la construction en pierre massive comme un moyen pertinent de concevoir, de construire et d’enseigner l’architecture aujourd’hui.


Pierre de taille lorraine : réflexions


Introduction et réflexions préliminaires (extraits) d’un dossier de candidature déposé au FDIRP * à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy pour un projet de recherche sur le thème de la construction en pierre de taille lorraine avec Etienne Samin architecte et Romain Crozetière architecte.

* Fond de développement des initiatives recherche et profession

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Objectifs :

Une construction architecturale appartient à un territoire, elle est ancrée dans un sol, déterminée par sa situation et sa vocation à durer.

Dans une société où les pratiques constructives courantes sont portées par des filières majoritairement déconnectées des ressources et des cultures locales, où l’aménagement des villes est fortement orienté par le marketing urbain et la production d’ « architectures images » plus que par un réel sens de « l’habité », notre démarche cherche à remettre la culture constructive en pierre sur le territoire lorrain comme potentiel d’une architecture contemporaine de qualité, durable (qui dure), patrimoine vivant issu de ressources locales, résistant aux modes d’aménagement et de construction courants, ceux-là même qui semblent avoir déserté le projet architectural au profit d’ « architectures produits ».

Notre travail de recherche doit nous permettre d’identifier les ressources (carrières, matériaux, savoirs constructifs), les partenaires (carriers, ouvriers, chercheurs, enseignants, ingénieurs, artistes, étudiants), les moyens (projet architectural, diffusion) et les obstacles (réglementations, dispositions économiques) à la construction contemporaine en pierre massive sur le territoire lorrain. L’objectif sera de mettre en valeur une culture constructive locale traitant d’un matériau et d’un savoir réellement durables et pré existants sur le territoire. Plus généralement, notre projet doit servir à réaffirmer la pensée constructive comme élément central de la conception architecturale, à fournir des outils de projet architectural porteurs de sens et force de résistance face aux pratiques constructives façonnant la médiocrité de nos paysages.


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« INTRODUCTION : pour la réintégration d’une culture de la pierre dans les démarches constructives en Lorraine


Pratiques culturelles, contexte local et innovations par l’usage


Partant du principe que les cultures locales reflètent l’intelligence d’adaptation d’un groupe humain à un espace, à une époque et à un contexte, elles se manifestent grâce à la connaissance et à la mise en oeuvre de ressources locales afin de répondre à des besoins spécifiques. Il peut aussi bien s’agir d’agriculture, de médecine, de construction ou de toute autre pratique s’inscrivant dans le cycle des activités humaines. En matière d’« habiter », ces pratiques reflètent diverses logiques de situations. Celles-ci traduisent une adaptation de l’idée constructive et de l’acte d’édification à un contexte, à des conditions matérielles, économiques et immatérielles pour organiser un espace de vie collectif et individuel. La concrétisation de cet espace associe une construction physique – le bâti – à un dispositif symbolique où des idées, des valeurs, des pratiques ou encore des croyances sont exprimées à travers une harmonie entre formes, matières et systèmes signifiants. De nombreux facteurs et influences peuvent faire évoluer les cultures constructives. Mêmes si ces dernières sont initialement adaptées à leur environnement, les observations faites au cours du temps sur les besoins qu’elles doivent satisfaire (comportement aux aléas naturels, confort thermique, adaptabilité aux évolutions sociétales, facilité de mise en œuvre et d’entretien, …), la validation des expérimentations et l’affinement évolutif des solutions trouvées contribuent à la définition et à l’amélioration des réponses matérielles et sociales qui sont mises au service des modes de vie et des usages de l’ « habiter ». Cette innovation par l’usage explique que l’évolution des cultures locales s’accompagne souvent d’un métissage avec des influences exogènes, qu’elles soient géographiques ou technologiques. Elles impliquent un enrichissement des savoirs, la perte de certains d’entre eux et/ou l’émergence d’innovations par le biais d’un processus d’acculturation. Toutes ces influences exogènes, voulues ou non, renforcent l’aptitude d’une culture à évoluer en s’adaptant ou, au contraire, peuvent tendre à la faire disparaître.


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Standardisation des pratiques constructives et vulnérabilité culturelle


Qu’en est-il actuellement de nos pratiques constructives ? Cette question est d’autant plus débattue aujourd’hui dans des situations de crise où les causes et les conséquences de différentes formes d’inégalités économiques et de pouvoir démontrent l’échec du « développement » qui a été induit par un modèle occidental inadapté et une économie spéculative agressive. La récente prise de conscience des conséquences environnementales et sociales de cet échec a conduit à imaginer de nouveaux concepts-clés, par exemple ceux de « développement durable » ou encore de « maison passive ». Ces nouveaux paradigmes, parfois visés du doigt comme les défroques d’une rhétorique incantatoire, ont notamment été élaborés pour diminuer la dégradation de l’environnement, laquelle est souvent évoquées comme un facteur accru de vulnérabilité. Mais cette vulnérabilité n’est pas seulement économique. Elle génère également des phénomènes d’aliénation et d’érosion culturelle très déstructurants. Le concept même de « maison passive », s’il peut séduire, ne devient souvent et très tristement dans sa réalisation que l’artefact désincarné d’une « architecture-produit », un bien jetable, accouché d’un processus bassement destiné à satisfaire l’appétit de l’industrie de la construction. Ainsi, aujourd’hui, dans le contexte d’un monde globalisé où la complexité des agendas cachés et le jeu des acteurs impliqués s’accroît, l’hégémonie d’un système de production basé sur la technicisation des processus de construction disloque les logiques de situations et les intelligences locales en les réduisant à la simple expression d’une rareté culturelle « patrimonialisée ». Pourtant, le bon sens, tout comme une littérature très fournie, attestent que l’importance du tissu économique et social d’une aire géographique donnée est conditionnée par le type et la quantité de ressources qui y sont disponibles, mais aussi par les dimensions culturelles qui l’animent, lesquelles renvoient au caractère unique d’une société dont les conditions de vie dépendent de la spécificité de l’environnement local et de ses contraintes. Chaque culture, chaque groupe humain possède ses propres spécificités et n’apporte donc pas les mêmes réponses au contexte qu’il perçoit, qu’il intériorise et auquel il doit faire face. Il est donc nécessaire de considérer les marqueurs culturels d’un territoire comme prééminents et de les intégrer avec déférence aux stratégies de fabrication de l’environnement construit, aussi bien architectural qu’urbain. C’est à la lumière de cette problématique que nous initions notre réflexion et notre travail de recherche.
Nous présenterons dans ce document quelques réflexions sur le devenir de nos villes (opportunité politique & expérience urbaine) qui nous permettront de dresser un constat, lequel constituera la base de nos problématiques pour définir notre projet de recherche. Nous aborderons ensuite la méthodologie que nous mettrons en oeuvre avant de proposer des perspectives de valorisation pour notre étude.


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OPPORTUNITE POLITIQUE & EXPERIENCE URBAINE


La ville… et ses habitants


Il n’existe sans doute aucune société ancrée dans un espace qui n’ait pas pris le parti de le maîtriser et de le constituer en systèmes signifiants.
La dimension symbolique d’un projet peut-elle être (re-)construite ? Ou bien n’intervient-elle que lorsque la construction elle-même crée les convergences synchrones et indivisibles qui fondent un système signifiant ? On touche ici à la question de l’authenticité dans la construction et à la fabrique de nos villes…

Il est observé et assez fréquemment étudié que les dynamiques des politiques urbaines sont de plus en plus soucieuses de produire une image déterminante * pour la ville et d’améliorer ses qualités et son attractivité en s’appuyant, notamment, sur les ressources numériques, c’est-à-dire les données et les systèmes qui les exploitent (Damon, 2013 : 10-11). Après s’être appuyé sur les politiques culturelles (compétition des « capitales européennes de la culture », par exemple), puis sur la course aux labels « verts » Eco-friendly des « villes les plus durables », ce « marketing urbain » se nourrit aujourd’hui de la compétitivité urbaine liée au concept de « ville intelligente ». Il s’agit d’un prolongement de la théorie de l’ « écologie urbaine », théorie selon laquelle la ville est un écosystème économique, social et technologique. Il implique un contrôle du discours et de l’image qui en sont diffusés et, de fait, des modes de production de l’urbain. Aujourd’hui, les enjeux de cette conception de ville interrogent la possibilité qu’a cette dernière de continuer à se développer en limitant ses externalités négatives, tant en termes environnementaux que de fragmentation ou de coûts d’agglomération. Les nouvelles Technologies d’Information et de Communication (TIC) sont alors considérées comme des opportunités d’exploitation et de gestion synchrones et optimisées des ressources territoriales (Teller, 2014 : 3).

Or, l’hypothèse générale de ce modèle repose sur l’idée que l’urbanisation et l’intégration renforcée des villes dans le « système monde » dépendent de l’innovation technologique. Ce modèle reflète un lien étroit établi entre la « compétitivité » comme moteur de développement urbain et la « cohésion sociale » comme outil d’application de cette vision néo-libérale, notamment via la métropolisation des modes de vie, la flexibilité du marché du travail et l’ « entreprenarisation » souple – mais risquée – des populations. Cette dissolution de l’idée même d’une séparation existant entre territoires urbains et ruraux se fonde sur l’idée selon laquelle l’économie hi-tech assure à une ville une croissance économique rapide. Mais elle n’est pas stable et surtout elle n’est pas nécessairement liée aux territoires dans lesquels elle s’inscrit et pourrait être vue comme une solution à moindre coût au désengagement des services de l’état dans certains domaines et territoires, lesquels seraient confiés aux objectifs de rentabilité courte des banques et des fonds d’investissement qui ont effectivement les moyens d’investir à l’échelle de territoires et des instances internationales qui les régissent. Nous nous trouvons ainsi confrontés à une vision orientée « produit » (la ville est un « bien » produit et spéculatif) qui met l’accent sur le marché de l’interconnexion des systèmes urbains, avec une positionnement fort d’entreprises de services, de consultance et de technologies de l’information (Teller, 2014 : 9).
Toutefois, l’appropriation de l’imaginaire et du corps de la ville par ses habitants et hors de tout contrôle politique et financier ne serait-elle pas en mesure d’assurer son renouvellement en mettant en oeuvre la fécondité et la sensibilité collective d’une empathie créative? La contestation de cette forme de contrôle de l’espace « vécu » ne favoriserait-il pas la constitution d’un imaginaire collectif engageant lui-même plus profondément la relation qui existe entre l’humain et l’urbain, entre l’individu et sa ville ? Une vision alternative et subversive de la ville intelligente comme « territoire en train de se faire » existe par le biais d’initiatives citoyennes et de réseaux d’acteurs locaux.

* Sur un plan électoraliste, économique, touristique : on parle alors de marketing urbain visant à augmenter l’attractivité de la ville pour les investisseurs et en améliorer les chances de croissance.


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Un « projet manifeste » en pierre de taille


En termes d’environnement bâti de notre quotidien, qui décide de la dimension patrimoniale d’un héritage bâti collectif, et selon quels critères ? La « patrimonialisation » des centres doit-elle inévitablement aboutir à la « muséification » d’un lieu cerné, composé d’édifices sacralisés et arrachés à l’histoire ?
Sensibles à une perception subjective – locale – de l’espace et du territoire, notre projet cherche à valoriser le « déjà-là » matériel (ce qui est disponible sous nos pieds) par un ensemble de dispositifs et d’expérimentations avec la pierre calcaire lorraine. Les caractéristiques du matériau se manifesteraient dans sa « mise en forme », c’est-à-dire dans la conception, l’élaboration et le montage du projet (le « savoir »), dans sa forme et sa structure (le pilotage, la gestion et l’organisation de sa construction, donc le « savoir-faire ») et dans son déploiement, son rayonnement public, universitaire et politique (le « faire-savoir »).
Cela implique pour nous de confronter à des pratiques actuelles (en matière de construction, de logement, de fabrique de l’urbain, …) certaines problématiques et enjeux découlant de notre réflexion et de nos expériences.
Ce qu’il nous importe de saisir, c’est la manière dont un matériau, qui représente un monde et un récit effacés, désavoué en tant qu’élément de construction porteur « originel », pourrait être réintroduit dans les usages et dans les pratiques.
Cet objectif ne peut être atteint qu’à travers une démarche holistique de projet répondant directement à un diagnostic du territoire et de ses enjeux actuels. Notre démarche se doit donc :

– d’être pragmatique (éviter le gaspillage, la surproduction, la surconsommation, …),
– de viser un équilibre entre pratique traditionnelle et radicalité contemporaine,
– d’associer réellement le projet architectural à des relations humaines entre chacun des corps de métier (de l’extraction du matériau à la finition, de la conception à l’usage),
– d’accepter l’incertitude, le droit à l’erreur et de se baser sur le retour d’expérience


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CONSTATS


Le « processus » contre le « produit »


L’un des problèmes liés à la construction, c’est la trop grande importance accordée au « logement » (considéré comme un simple élément physique produit du capital) au détriment de « l’habitat » (sphère de l’apprentissage, arène de la vie sociale et économique qui joue un rôle important dans la création d’une autre forme de capital, social et humain) : la préférence est accordée à la livraison de « produits finis » et à l’obsolescence programmée.
La dévalorisation des moyens alloués à la création et à l’inventivité architecturale dans le « projet ordinaire » touche un aspect sociétal bien plus large que la seule sphère des « agences ». Les finalités de la production architecturale sont trop fréquemment réduites à la vision d’une somme de savoirs et de matériaux, à leur technicisation mais aussi à ce besoin d’émotions immédiates que la représentation par l’imagerie ludique du virtuel rend possible.
Très fréquemment, les autorités, les entreprises, les chercheurs et nous-mêmes, architectes, réfléchissons aux avancées qu’apporteront les changements futurs sans même percevoir l’existence du vaste potentiel du « déjà-là ».
Influencées par leur propre pouvoir de décision et par des bureaux d’expertise hyperspécialisés qui n’offrent jamais une vision globale du champ des possibles (pour mettre en avant leurs propres institutions, leurs services ou leurs domaines de compétence), les puissances publiques ne peuvent malheureusement pas toujours avoir les moyens de réagir aux vibrations et aux énergies des acteurs qui tentent d’animer la vie de la « cité ». Seules, elles ne peuvent de fait devenir les agents identitaires de leur ville, de leur territoire et de leur communauté humaine.


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Les matériaux locaux contre les matériaux « conventionnels »


En matière de choix de matériaux de construction, le bon sens voudrait que des matériaux locaux soient utilisés en priorité, autant pour des raisons culturelles qu’économiques. Dans la réalité, les conditions d’approvisionnement en fonction de l’environnement, du climat, ou encore de la disponibilité des matériaux et des savoir-faire techniques locaux des constructeurs n’ont pas réellement d’influence. En effet, à une époque où les contraintes matérielles du transport sont réduites, ce sont souvent des matériaux importés et industrialisés qui sont utilisés pour la construction, que ce soit pour des raisons techniques (standards, couverture assurancielle, …) ou économiques. Ainsi, il semble que ni l’influence du milieu
et des techniques, ni les facteurs socio-culturels et économiques locaux dans le choix des matériaux n’aient de réel poids face aux chaînes globales d’approvisionnement *.
Les méthodes « conventionnelles » de construction, avec des savoirs scientisés et des matériaux essentiellement artificiels, engendrent de la discontinuité et de la rareté culturelle, disqualifient les intelligences locales des artisans et des entreprises et, finalement, précarisent les populations en les rendant plus vulnérables économiquement et culturellement en les privant d’alternatives.
Avec l’émergence récente – et encore très fragile – d’une prise de conscience de la nécessité d’une gestion raisonnée du territoire, l’espace et le sol commencent à prendre le statut de ressources limitées qu’il est capital d’économiser. La préservation du territoire est nécessaire pour envisager des projets de développement « véritablement durables » (qui durent) lesquels réinterrogeraient l’esprit du productivisme et du consumérisme actuels : ceci pourrait-être rendu possible par la « re-localisation » des activités économiques et par le développement d’activités économique non-délocalisable.

* Ces filières des industries transnationales constituent un maillon essentiel du productivisme et de la mondialisation (VELASQUEZ & al., 2012 : 84), car elles sont structurées en réseaux transfrontaliers (entreprises de production, liaisons de diffusion, fournisseurs). Mais les bases de production, les réseaux de fournisseurs et de distribution se concentrent à certains endroits et en raison des monopoles et des accords entre concurrents, diminuent les possibilités de substituts sur le marché en augmentant la dépendance des populations à leurs produits (VELASQUEZ & al, 2012 : 85). Etant donné que les « maillons » de telles chaînes ont une connaissance du terrain souvent limitée à leurs propres fournisseurs ou à leurs clients les plus immédiats, ils ne peuvent avoir une appréhension globale de la mesure des potentiels locaux.


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Une résistance locale


L’habitat constitue un cadre dans lequel prennent sens des projets collectifs. Porter un autre regard sur celui-ci signifie peut-être s’écarter d’une tendance qui nous a conduit à imposer toute évaluation et toute évolution des choses et des lieux selon des critères technologiques et économiques. Notre propos s’appuie sur la critique d’une conception de l’ « habitat » faussement fondée sur l’idéologie de la performance, de la répétition de solutions présupposées compétitives et sur la croyance en une industrialisation transnationale qui mutilent une réalité complexe en la réduisant à des modèles simplifiés et cloisonnés.
La réappropriation d’une culture constructive inspirée de la « tradition » peut apporter des solutions aux problématiques sociales, économiques et environnementales. Elle peut participer à la création d’emplois, au développement d’une économie locale, à la rationalisation de l’utilisation de l’énergie et à la récupération des matériaux… Préférons laisser des ruines que des déchets !
Il faut redonner confiance à ces cultures et inciter à un retour aux matériaux dits « traditionnels » en faisant appel à cet héritage constructif tout en en améliorant – si nécessaire – les techniques de mise en oeuvre.
« Développement durable », « protection de la biodiversité », « sauvegarde des savoirs locaux », … Si l’on ne veut pas voir dans ces velléités la simple évocation d’un lieu commun du politiquement correct, il semble important de leur associer une dimension beaucoup plus pragmatique : l’emploi de ressources locales et la constitution concrète d’un patrimoine vivant fondé sur une culture constructive située peuvent être le point de départ d’une résistance active à l’hégémonie du monisme techno-bureaucratique.

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